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vendredi 10 février 2017

Code 93 de Olivier Norek

Code 93
de Olivier Norek

Éditions Pocket

Sortie le 9 octobre 2014
Format poche / 360 pages / 7.40€

Présentation de l'éditeur :


Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le " Code 93 " ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison... 


Mon avis :

Code 93 est un polar qui fait froid dans le dos. Il nous montre la dure réalité des problèmes de la banlieue parisienne et du quotidien infernal de leurs policiers.

L'intrigue est intéressante et bien ficelée. L'enquête est prenante et on essaie de lier ensemble les différentes affaires qui se retrouvent entre les mains de Victor Coste.
Ce roman est surtout porté par ce capitaine de police. Coste nous entraîne dans les bas fonds, sous son aile protectrice qui en a vu des vertes et des pas mûres. C'est un personnage très intéressant et auquel on s'attache très vite. Comme tout bon capitaine, il a su bien s'entourer, son équipe éclectique est aussi très sympathique à suivre. On se prend d'affection pour ce petit groupe mais surtout on compatit pour leur travail bien difficile.

Ce livre c'est aussi et surtout une mise en lumière du quotidien des forces de l'ordre dans des banlieues compliquées. Les anecdotes racontées par les forces de l'ordre au fil des chapitres font froid dans le dos. Sachant que l'auteur est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quatorze ans, on en vient à se demander parfois si certaines de ces anecdotes ne sont pas des faits réels... On y retrouve aussi les liens compliqués mais inextricables entre les politiciens et la police, rendant encore plus compliqué le travail de ces derniers...

Code 93 est donc un bon polar passionnant mais qui ne nous épargne pas et nous ouvre les yeux sur une partie de la société que souvent on préfère ignorer...

dimanche 26 octobre 2014

La princesse des glaces de Camilla Läckberg

La princesse des glaces
Camilla Läckberg

Éditions Actes Sud
Collection Babel noir
Sortie le 2 mai 2012
Format poche / 448 pages / 9.50€

Présentation de l'éditeur :

Erica Falck, trentenaire installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête, Erica est vite convaincue qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point, et sur beaucoup d'autres, l'inspecteur Patrik Hedstrôm, amoureux transi, la rejoint. Stimulée par cette flamme naissante, Erica se lance à la conquête de la vérité et met au jour, dans la petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître, des secrets détestables. Bientôt, on retrouve le corps d'un peintre clochard, encore une mise en scène de suicide...

Mon avis :

La princesse des glaces est un bon polar comme je les aime et qui m'a permis de découvrir cette auteur à succès.

La plupart des personnages féminins de ce roman ont de sacrés caractères et cela est aussi le cas d'Erika. Après avoir découvert le cadavre de sa meilleure amie d'enfance, dont elle n'avait plus eu de nouvelles depuis des années, elle se retrouve, malgré elle, en plein cœur de ce drame. Cette héroïne est attachante et de nombreuses jeunes femmes pourront se retrouver dans ce personnage. Décidant d'écrire une fiction inspirée de ce meurtre, Erika va mener son enquête sur ce suicide. Toutefois, ici, l'auteur a bien travaillé, elle a laissé le champ libre à son héroïne dans la mesure du possible. En effet, Erika n'est pas dans la police, il y a des choses qu'elle ne peut pas faire, des lieux où elle ne peut pas se rendre et donc il arrive un moment dans le livre où elle passe le relais et les informations qu'elle a collectées de son côté à Patrik Hedstrôm, inspecteur et ami d'enfance. De plus, l'enquête se déroule sur plusieurs semaines, se calquant ainsi sur la vraie chronologie des affaires criminelles. Ce côté très respectueux de la réalité est un gros point positif pour l’œuvre.

En parallèle de l'enquête, on va suivre la relation entre Erika et Patrik. On s'attache vite à ce couple, des amis qui se retrouvent après de nombreuses années de séparation et qui apprennent à refaire connaissance. Ce début de relation maladroit, mais aussi très réaliste, est particulièrement plaisant. Ce n'est pas parfait, mais ils sont assez matures pour savoir qu'une relation n'est jamais parfaite au début et qu'il faut prendre ses marques.

Le style de l'auteur est agréable et le point le plus marquant dans le livre est : le froid. On le ressent à chaque page que l'on tourne. La Suède est bien présentée avec les noms des personnages, les villes mais surtout son climat. Le lecteur a le droit à un voyage dans un pays nordique, il détient entre ses mains un petit bout de Suède. Enfin, les passages avec des couleurs, les œuvres d'art et la scène du crime, sont particulièrement bien décrits. L'auteur réussit à dépeindre des lieux avec force et arrive à nous faire ressentir une foule d'émotions dans ces situations.

C'est le premier tome d'une série qui promet, avec son enquête intéressante et respectueuse de la réalité et ses personnages très réalistes, le tout en voyageant jusqu'en Suède. C'est une saga à découvrir !

mardi 17 décembre 2013

L'île des chasseurs d'oiseau, tome 1 de Peter May

L'île des chasseurs d'oiseaux
Tome 1
Peter May

Éditions Actes Sud
Collection Babel Noir
Sortie le 12 novembre 2011
Format poche / 424 pages / 9.70€

Présentation de l'éditeur :

Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Mon avis :

Une magnifique lecture et un livre vraiment épatant !

Avec Fin Macleod, le lecteur se retrouve embarqué sur l'île de Lewis et va découvrir la vie de ses habitants. À cause d'un meurtre ayant des similitudes avec l'enquête qu'il mène à Édimbourg, Fin sera dans l'obligation de retourner sur l'île de son enfance sur laquelle il n'a pas mis les pieds depuis plusieurs années.
Les chapitres alternent entre souvenirs et enquête. La recherche du meurtrier va pousser Fin à se rappeler son enfance, sa vie sur Lewis, ses amis et la fameuse chasse des oiseaux sur l'An Sgeir.

L'écriture de l'auteur est magnifique. Il a un talent de conteur incontestable. À travers ses mots et sa façon de nous décrire les paysages, ses habitants, leurs us et coutumes, le lecteur est projeté sur cette île. On se croirait arrivé aux confins du monde, sur une terre inhospitalière et rude peuplée d'hommes à son image.

On découvre leur façon de vivre, comment ils ont dompté ce bout de terre ou plutôt se sont adaptés à lui. On découvre leur coutume, avec leur chasse du Fous de Bassan sur l'An Sgeir qui se déroule une fois l'an. Le tout est très bien décrit et raconté, avec de nombreux détails sur leur façon de procéder et toute l'importance que cet acte a pour eux. Il n'y a aucune longueur, le tout est très bien introduit et raconté. Le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer et attend avec impatience d'en apprendre plus sur ce bout de terre écossais.

Bien que l'enquête se trouve en second plan, cela n'en gâche pas la lecture. Les retours dans le passé sont palpitants et expliquent de nombreux faits du présent. Ainsi, cela donne l'impression de faire un grand puzzle et à travers chaque souvenir, le lecteur peut ajouter une pièce supplémentaire au tableau final que forme l'enquête et le passé de Fin.

En conclusion, un livre coup de cœur. Un livre qui vous fera voyager sur fond d'enquête policière. Un livre vraiment très bien écrit. À découvrir !